Call me Poupée

Publié le 11 avril 2009 dans Chroniques | Pas de commentaire

Call me Poupée donnait, il y a quelques jours, un concert à la Sala Rossa dans le cadre du festival montréalais «off» par définition, le Suoni per il popolo.

L’événement encourageant la musique non commerciale, la présence de Poupée et de Ken Fortrel, les deux membres de la formation, était tout indiquée.

Vos univers se ressemblaient-ils quand vous vous êtes rencontrés?

Ken – « Oui, en fait, je suis entré un peu plus dans son univers disjoncté. Avant, j’étais plus un musicien de l’ombre, je n’ai jamais vraiment été en avant-plan. C’est plutôt Poupée qui m’a ouvert les portes de… comment on dit ça? »

Poupée – « Du pénitencier? »

(rires)

Poupée – « Quand j’ai commencé, je jouais dans des groupes garages… genre vraiment garage débutant. On était quelques musiciens et on ne savait pas vraiment jouer, alors on apprenait ensemble. C’était plus punk, rock, glam, des trucs comme ça. J’ai toujours écouté beaucoup de films italiens, des westerns, la période yéyé, Bardot, etc. Tout ça m’a toujours inspiré.  Même dans les petits groupes garage, je me déguisais. Pour moi, un spectacle, c’est avant tout quelque chose que tu donnes au public, quelque chose qui fait sortir du quotidien.»

Votre inspiration cinématographique paraît souvent dans l’ambiance de vos chansons. Comment travaillez-vous la matière sonore pour lui donner un rendu aussi imagé?

Ken – « On fait beaucoup de recherche acoustique. Une chanson c’est une histoire, c’est une scène, c’est un temps, c’est un six minutes arrêté sur un échange entre deux personnes, ou une poursuite… on essaie vraiment de recréer ça. Par exemple, dans la toune Un flic à nos trousses, la batterie doit jouer comme si c’était elle l’auto qui avance. C’est ce qu’on essaie de faire, mais c’est pas toujours facile de le faire organiquement avec des musiciens plutôt qu’avec des séquences pré-enregistrées. Ça part d’une histoire, d’une idée et chaque instrument essaie, soit dans la mélodie, dans le son ou dans l’énergie, de recréer cette ambiance-là. »

Vous racontez souvent des histoires plutôt rocambolesques ou naïves. Est-ce inspiré par votre vécu ou plutôt par ce qui vous entoure?

Poupée – « Pour les paroles, je ne réfléchis pas trop. Souvent, j’ai une mélodie dans la tête et les paroles partent en même temps. Je me mets à chanter quelque chose et ça sort. Des fois, c’est que j’ai entendu un truc qui m’a plu, alors j’essaie de refaire quelque chose du genre. J’avoue que les paroles dans Call me Poupée, ce n’est pas la priorité pour l’instant. J’y vais plus au son et à l’histoire. C’est plutôt naïf.  Je ne mets pas encore mon vécu profond là-dedans, c’est sûr qu’il y a des bribes, mais bon… dans dix ans je t’en reparlerai! »

Call me Poupée participera au Festival Off de Québec, avec 12 autres musiciens, le 16 juillet au Studio P dès 22 h à un projet qui s’appelle Érotique PQ, un hommage au cinéma érotique québécois des années 1960-1970.

www.myspace.com/callmepoupee

Publié sur le Soundbeat Magasine

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