Entrevue avec Ariel

Publié le 27 avril 2009 dans Chroniques | Pas de commentaire

Par Jo-Annie Larue – 2009

Fiche sommaire du finaliste
Nom : Ariel Coulombe dit Ariel
Style : Valse raisonnablement psychédélique sur le speed
Commentaire du public le plus inutile reçu dans le cadre des Francouvertes:
«Votre bassiste n’est pas assez musclé»

Sur toutes les tribunes, Ariel est dépeint comme une bête de scène, une boule d’énergie, une apothéose charismatique. Outre l’impressionnante prestance scénique et toute la théâtralité qui s’y attache, Ariel, c’est aussi une critique humaine, une ironie marquée, un univers disjoncté. Entre le indie rock et le glam rock, le jeune artiste s’amuse et se démène.

Sur ton site et sur ton Myspace, tu as décris ta musique comme du «psycho rock noir bonbon ou quelque chose du genre». Est-ce que ça te dérange les appellations ou les noms qu’on cherche parfois à donner à une musique pour qualifier son style?

Je suis content que tu me pose la question, parce que les gens prennent mon appellation auto-proclamée au sérieux. Il faut vraiment noter l’autodérision à travers ça. C’était pour rire, on était tanné de se faire donner des étiquettes, alors on s’est dit qu’on allait s’en faire une nous-même. J’ai remarqué que les gens reprenaient l’étiquette telle qu’elle et n’en saisissait pas l’ironie.

Est-ce que la théâtralité est venue du fait qu’il faut se distinguer dans le milieu ou toi et ton band étiez tous comme ça à la base, à cette même intensité?

Il fut un temps où j’étais tout aussi théâtral, mais beaucoup moins physique. La musique était composée en fonction de ce que je sentais en composant chez moi. C’était donc de la musique qui se faisait moins bien sur scène. Les énergies étaient très différentes et je devais me restreindre en spectacle. Avec le temps, j’ai développé une autre façon de fonctionner en lien avec la scène. Et il y a aussi la belle synergie qu’on a dans le groupe, c’est énergique et on est sur la même longueur d’ondes.

Outre l’ironie qu’ils contiennent, tes textes sont très opiniâtres et posent un regard critique sur la société. Mais est-ce que tu dirais que tu es un artiste qui reste apolitique?

Je suis plutôt apolitique, oui. J’essaie de faire des textes qui ne seront pas nécessairement associés à un courant. Je suis assez critique, mais j’essaie de ne jamais faire la morale. Généralement je prends une réalité et je la montre du doigt. Je nous mets un miroir dans la face pour qu’ensuite on puisse rire de nos tares.
C’est sûr que je suis très proche de ce que je ressens, mais je raconte souvent des choses qui ne me sont pas arrivées à moi. Le moteur reste les expériences personnelles, mais je ne partage pas mes propres émotions. Je les canalise.

On sait que tu joue de la guitare en composant tes pièces, mais est-ce que tu aimes jouer de la guitare sur scène?

Je préfère juste chanter. J’ai vraiment plus de liberté, je peux bouger à ma guise. Je me sens parfois menotté par la guitare sur scène. Si je pouvais, je partirais tellement dans tous les sens sur scène. Là je me retiens.

Comment entrevois-tu ta soirée de la finale des Francouvertes?

On est vraiment excités! En fait on est excités depuis le début… on est toujours excités nous autres de toute façon. J’ai vraiment hâte. Plus la scène est grande, plus on est excités. C’est sûr que la pression est de plus en plus grande d’une étape à l’autre, parce que la scène et la foule grandissent. Et l’attente des gens est de plus en plus grande. Mais c’est une victoire en soit d’être là. On n’a plus la pression de se rendre à la prochaine étape. L’accomplissement est là.

Article publié dans le Soundbeat Magazine

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